Les étapes clés pour préparer le sol de son potager

6 étapes clés pour préparer le sol de son potager

Préparer le sol de son potager, que ce soit en automne, en hiver ou au printemps, c'est un peu comme préparer le terrain avant un long voyage. Si la base est saine, équilibrée et bien pensée, alors tout le reste suit naturellement. Nous l'avons appris au fil des saisons, parfois avec enthousiasme, parfois après quelques échecs bien formateurs. C'est pourquoi, aujourd'hui, prenons le temps ensemble de poser les fondations d'un potager fertile, productif et durable, que vous cultiviez en pleine terre, en bac ou même sur un balcon en appartement. Nous aborderons donc diverses méthodes pour améliorer la terre d'un sol pauvre en vue d'obtenir un potager débordant de légumes.

Nos conseils pour la préparation du sol d'un potager en permaculture

1. Connaître le type de sol pour faire les bons choix

Avant de sortir les outils, encore faut-il comprendre à quoi nous avons affaire. Car si vous ne le saviez pas, le sol n’est pas une matière inerte : c’est un monde vivant, complexe, parfois capricieux.

Un sol argileux, par exemple, va retenir un grand nombre de nutriments en plus de l'eau, comme une lourde éponge, tandis qu'un sol sableux laissera plutôt filer chaque goutte d'humidité entre ses grains, lessivant au passage les maigres éléments nutritifs disponibles pour les plantes. Le sol limoneux, quant à lui, se révèle souvent être un bon compromis de par sa fertilité et sa texture propices à la croissance d'un grand nombre de végétaux. Toutefois, il reste fragile.

Pour déterminer la nature de votre sol, nous vous conseillons donc de commencer par une observation simple et concrète. Prenez une poignée de terre humide dans la main. Se compacte-t-elle facilement ? Colle-t-elle aux doigts ? S’effrite-t-elle ? Ces gestes rudimentaires en disent long. Pour aller plus loin, un test de pH ou une analyse de sol permettent d’affiner les choix culturaux : certaines plantes potagères aiment les sols légèrement acides, d’autres préfèrent un terrain neutre, voire calcaire.

Connaître votre sol, c’est éviter de lutter contre lui. C’est composer, ajuster, accompagner. Et surtout, c’est faire les bons choix dès le départ.

2. Choisir l’emplacement idéal du potager

Vient ensuite la question cruciale de l’emplacement. Car un potager heureux a besoin de lumière, beaucoup de lumière !

En règle générale, nous visons une exposition ensoleillée d'au moins six heures par jour, pouvant aller jusqu'à huit heures ou plus, dépendant de la fraîcheur de la région et des besoins des plantes cultivées. Sans cela, même le sol le plus riche montrera vite ses limites.

Cependant, le soleil ne fait pas tout. L’abri des vents froids ou ardents, la proximité d’une source d’eau, la pente naturelle du terrain ou encore l’ombre portée par des arbres durant les heures les plus brûlantes de la journée jouent également un rôle déterminant. Nous avons parfois déplacé un potager de quelques mètres seulement pour observer une différence spectaculaire au niveau de la croissance de nos plantes potagères. Comme quoi, chaque détail compte !

3. Savoir quand et comment préparer la terre du potager

Le timing est une clef trop souvent sous-estimée. Par exemple, préparer le sol après de fortes pluies, alors qu'il est encore gorgé d'eau, revient à le tasser inutilement. Intervenir trop tard lors des plantations, c'est perdre en efficacité, car la matière organique apportée à la terre se trouvera indisponible au moment où vos végétaux en auront réellement besoin.

En général, il reste possible d'intervenir à la fin de l'hiver ou au début du printemps pour les cultures tardives, lorsque la terre commence à se réchauffer. Malgré tout, nous vous recommandons fortement de préparer le sol directement à l'automne afin qu'il soit impeccable pour la saison suivante.

La préparation du sol du potager est donc facile : il suffit d'apporter des matières organiques en surface telles que du fumier, des feuilles mortes, du compost, de la paille, etc. Attention toutefois aux branchages et aux copeaux de bois, qui sont très riches en carbone. En excès, ils demandent beaucoup d'efforts aux micro-organismes du sol pour être décomposés, ce qui peut entraîner une carence en azote. Il en va de même pour les restes de tiges et de feuillages de fruits et légumes cultivés : ils peuvent contenir des maladies qui contamineront les cultures de l'année suivante. Il est donc préférable de les mettre dans un compost à part.

Progressivement, au fil des années, avec l'apport de divers paillis, même le sol le plus aride finira par devenir une terre propice à la culture, c'est-à-dire souple, ni collante, ni poussiéreuse.

Une règle simple : si vous pouvez former une motte qui se défait légèrement en la pressant et qui présente une légère odeur d'humus, c'est que la terre est prête. Cette sensation, nous l'avons davantage apprise avec les mains qu'avec les livres, car avant d'être écrit, chaque livre est né d'une pratique et de multiples expériences. Nous vous invitons donc, en complément de nos conseils, à expérimenter par vous-même, et surtout à ne pas abandonner, car tôt ou tard, vous obtiendrez le sol souhaité. Il s'agit simplement d'une question de temps !

4. Utiliser les bons outils, sans excès

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le travail de la terre ne signifie pas forcément sortir l'artillerie lourde. Par exemple, le motoculteur n'est pas systématiquement nécessaire, surtout pour des jardins de faible superficie. Seuls quelques outils indispensables pour leurs grandes praticités, comme la bêche, la grelinette, la fourche-bêche ou le croc, s'avèrent être de précieux alliés pour préparer le sol du potager.

D'autant plus que, de nos jours, en raison des connaissances acquises sur le cycle de décomposition des matières organiques, une attention particulière doit être accordée aux outils qui respectent la structure du sol, couche par couche, sans la retourner, afin de continuer à l'enrichir sans dégradation.

La grelinette, par exemple, est un formidable outil de jardinage qui permet d'ameublir et d'aérer la terre sans la retourner complètement, préservant ainsi la vie microbienne. Gardez à l'esprit qu'un sol vivant travaille avec vous, et non contre vous !

5. Le travail du sol : ameublir, aérer, structurer

Le travail du sol s'est longtemps résumé à un retournement profond pour aller chercher les nutriments enfouis. Cependant, de multiples études récentes ont mis en évidence le fait que cela perturbe fortement les différentes couches biologiques, tout en dégradant progressivement la qualité et le rendement des cultures.

Pour cette raison, le simple fait d'ameublir le sol du potager sans le retourner suffit amplement à assurer l'accueil des futurs végétaux.

Cela signifie donc désormais que l'on facilite la circulation de l’air, de l’eau et des racines en apportant en amont de la matière organique en surface pour alléger la consistance de la terre, puis ensuite, après quelques mois d'attente, en introduisant les dents d'une grelinette ou d'une fourche à bêcher dans la terre, en effectuant des mouvements de balancier avant-arrière, puis droite-gauche, afin d'émietter le sol compact sans inverser les couches de terre de surface avec celles enfouies.

Cette forme d'ameublissement améliore l'enracinement des légumes, favorise l'activité des vers de terre et limite la stagnation de l'eau, tout en préservant la richesse et la vitalité du sol. Elle représente un équilibre subtil entre intervention humaine et laisser-faire naturel.

L’alternative du non-travail du sol

De plus en plus de jardiniers et d'agriculteurs se tournent vers le non-travail du sol, une pratique inspirée de la permaculture. Cette approche moderne et durable de l'agriculture s'inspire des écosystèmes naturels pour enrichir les sols, produire en abondance et limiter l'utilisation de pratiques néfastes.

Ici, on ne retourne donc plus la terre. On la couvre. On nourrit la vie du sol avec des paillages, des engrais verts et des matières organiques. Ce qui aura l'effet de protéger la vie souterraine de votre potager, qui participera ensuite à la décomposition des matières organiques pour les rendre disponibles aux végétaux cultivés.

Nous avons testé cette approche sur certaines parcelles, en la comparant à d'autres. Les résultats sont bluffants : le désherbage est nettement moins important, le sol est plus souple, voire prêt à recevoir des cultures, sans compter que sa capacité de rétention d’humidité est meilleure en période estivale. En revanche, ces résultats demandent un minimum de patience, mais offrent en contrepartie une réelle économie d'énergie et de temps de labour.

Le sol d'un potager est donc comme un bon vin : avec le temps, il s'améliore.

Désherbage : prévenir plutôt que guérir

Le désherbage est souvent vécu comme une corvée. Pourtant, lorsqu'il est bien préparé, il devient presque anecdotique. Par exemple, comme nous l'avons vu précédemment, un sol couvert et paillé laisse peu de place aux adventices. L'anticipation fait toute la différence !

Pour notre part, nous préférons arracher quelques jeunes pousses à la main lorsque le sol est meuble plutôt que de lutter plus tard contre une myriade de plantes adultes aux racines solidement ancrées. C'est pourquoi le paillage reste notre meilleur allié.

Par ailleurs, pour ceux et celles qui souhaitent enrayer la pousse des mauvaises herbes sans avoir recours à des produits peu recommandables, car néfastes pour l'environnement ou votre santé. Nous sommes heureux de vous annoncer qu'il existe une solution similaire aux paillages organiques, pouvant même être combinée pour plus d'efficacité, afin d'éviter que les adventices ne s'emparent de votre potager !

Pour ce faire, placez des cartons non traités ou une bâche opaque de type bâche d'ensilage, de préférence noire pour accumuler la chaleur, et imperméable pour retenir l'humidité du sol, sur la zone à désherber. Laissez chauffer et reposer le tout pendant plusieurs mois. La période estivale est la plus propice en raison de l'ensoleillement accru. Une fois la période de cuisson terminée, retirez la bâche ou les cartons non traités pour commencer à préparer et à nettoyer le sol.

Cette technique de désherbage efficace est idéale pour créer une nouvelle surface destinée à un potager. Elle est également plus écologique qu'un produit chimique ou qu'une machine à essence, car la bâche d'ensilage ou les cartons sont 100 % recyclables.

6. Fertilisation et engrais naturels

Un sol fertile est un sol nourri. À condition toutefois qu'il soit nourri intelligemment. Car en effet, les engrais naturels ou fertilisants, tels que le compost, le lombricompost (vermicompost), le fumier bien décomposé ou les purins de plantes (ortie, consoude, etc.), apportent des nutriments aux plantes potagères sans trop altérer l'équilibre de l'écosystème. Or, ce n'est pas forcément le cas de tous les engrais.

Il faut néanmoins garder à l'esprit que chaque situation est différente et, par conséquent, que chaque parcelle de terre l'est aussi.

C'est pourquoi, il demeure possible d'avoir recours à des engrais plus puissants, par exemple en période de fructification, de forte croissance ou en cas de carence importante en éléments nutritifs dans un potager. Phénomène qui peut s'expliquer par une terre longtemps malmenée ou par une culture précédente excessivement gourmande.

Sachez ainsi qu'il existe une multitude d'engrais riches en micronutriments et à effet rapide, que l'on peut aisément préparer soi-même, à la maison, et qui permettent de contrebalancer le manque. On peut citer à juste titre le marc de café broyé chaque matin, les cendres de bois émises par un feu de cheminée, les coquilles d'œufs après une bonne omelette, le gazon fraîchement coupé, sans oublier les peaux de bananes en petits morceaux ou sous forme de purin. À cette liste d'engrais naturels, pourraient également être ajoutés la poudre d'os et la vinasse de betterave, deux déchets biologiques transformés issus de l'industrie.

Cependant, attention ! Il est préférable d'épandre les engrais avec parcimonie, car leur richesse exceptionnelle est rapidement disponible pour les plantations, provoquant potentiellement des effets indésirables en quantité excessive. Par exemple : des brûlures racinaires, des brunissements du feuillage, des difficultés d'assimilation d'autres nutriments, une croissance ralentie, etc.

Après, c'est comme pour tout. En dose raisonnable, on en tire des bénéfices, en excès, on en subit les conséquences. Si les abus sont évités, les plantes n'en seront que plus robustes et productives !

Puis, chaque famille de plantes a ses propres besoins. Les légumes-feuilles apprécient de grandes quantités d’azote, tandis que les légumes-fruits demandent davantage de potassium. Adapter les apports est un passage essentiel pour devenir un jardinier chevronné.

Où trouver du terreau et du compost

Rien de plus simple : le terreau et le compost peuvent être achetés prêts à l'emploi dans des jardineries, des pépinières, chez des producteurs locaux ou récupérés parfois gratuitement dans des centres de recyclage vert, comme la déchèterie de votre commune. Cependant, nous avons rapidement compris qu'il était bien plus satisfaisant de les produire nous-mêmes. Avec les nombreux déchets verts issus de l'entretien des haies et du jardin en général, des restes de fruits et légumes non cuisinés, etc, il est très facile de produire son propre compost et terreau.

Comment fabriquer son compost ou son terreau

Fabriquer son compost, c’est transformer les déchets organiques en or marron, avec une fragrance d'humus en extra.

Épluchures, feuilles mortes, tontes de gazon, cartons bruns non traités, etc... Tout devient une source de richesse pour le potager, pourvu que ce soit biodégradable et sans agent chimique. Et les aliments d'origine animale ne doivent évidemment pas être compostés en raison des odeurs et du risque d'attirer des rongeurs ou des animaux carnivores.

Le secret réside donc dans l'équilibre entre matières vertes et matières sèches, puis l'aération et l'humidité. Et surtout, en y ajoutant l'ingrédient le plus important : un soupçon de temps ! Vous obtiendrez à terme un compost mûr, sombre et odorant comme un sous-bois après la pluie.

Recommandations d’apports en nutriments selon les plantes potagères

Les plants de légumes-fruits, qu'il s'agisse de tomates, de courges ou d'aubergines, sont gourmands, notamment en potassium, un élément essentiel à la fructification. Nous enrichissons donc généreusement le sol avant leur plantation, puis nous le réapprovisionnons de temps en temps pendant leur développement pour les soutenir dans leur croissance.

Les légumes-feuilles, comme les salades, demandent quant à eux un sol riche en azote pour faire grandir leur feuillage comestible. D'ailleurs, les légumineuses enrichissent naturellement le sol en azote grâce à l'activité microbienne au niveau de leurs racines. Les associer à des végétaux qui ont besoin de ce type de nutriment est donc intéressant.

Tenons compte du fait que chaque plante aura des besoins distincts en termes de quantité, mais que chacune devra recevoir sa part de minéraux et de nutriments pour rester en bonne santé : résister aux maladies, aux ravageurs et aux aléas de la vie.

Dans le monde végétal, aucun nutriment n'est superflu. Seule la proportion varie.

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